
Ma foi sombre, fleuve sacré de liberté,
Soulève, dans son fond vaseux, la boue impure,
Mais à l’âme ulcérée, en un grave murmure,
Sa vague, flot glacé, rend la virginité.
Quand vient l’été, il rend sa vigueur à la terre,
Il roule des glaçons quand vient le sombre hiver
Et déborde quand vient s’abattre la misère.
Reflétant dans ses flots son beau visage clair,
Le soleil des Hongrois erre de place en place,
Et la planète tourne aussi, cervelle lasse.
- Attila JĂłzsef (1905-1937)